« Que l’importance soit dans ton regard… »
Le nom d’Aït Menguellet c’est d’abord une voix, celle d’un poète entouré de musiciens et de mélodies, il porte une langue, une culture, un peuple, un pays, une histoire, sur la scène du monde et à travers les ondes.
Nous découvrons aujourd’hui avec Hayat Aït Menguellet, que c’est aussi le nom d’un regard sensible et plein d’humanité.
Un regard qui dévoile l’invisible et l’infime, l’essence et la nature cachée.
Dans un monde trouble, il y a de l’espoir, de la sérénité, le ciel aux mille nuances, quand le jour tire sa révérence, en délicates et sublimes impressions…
Quand le soleil entre en scène ou qu’il s’apprête à la quitter, il prend malin plaisir à jouer les artistes, il compose et met sa touche sur toutes choses.
Hayat capture ces instants, insectes, lieux, gens et sentiments en petits déclics.
Sont-ce des tableaux ou des photographies ?
Une impression de paix, de douceur, de lointain à portée de main et de cœur.
On les voit, on les entend, la libellule ou la mante religieuse, toujours vivantes malgré les braises, la fournaise, les circonstances et la calamité.
Il y a des visages de femmes, un paysan taqabact (une binette) sur l’épaule…
Hommes et femmes d’une terre secouée et en mouvement, qui s’accrochent à leurs champs, à leurs pierres, leurs maisons, leurs chemins et oliviers.
Hayat Aït Menguellet ? Un regard, une photographe habitée par la passion qui nous révèle l’infime autant que le grandiose dans la nature, leur réalité et leur beauté.
Ces images et « Nourritures terrestres » nous disent : « Que l’importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée ! » (André Gide).
Rabah Bellili