Rencontre avec Farida Aït Ferroukh
De la Zaouïa à l'Olympia. Recherche sur la chanson kabyle (Koukou, 2024)
D’où vient la chanson kabyle ? Et surtout, où va-t-elle ?
Pour répondre à ces questions, l’anthropologue Farida Aït Ferroukh remonte à la génération des Slimane Azem, Chérif Kheddam, Allaoua Zerrouki, ou encore Cheikh El Hasnaoui. Pour avoir fréquenté les zaouïas dans leur enfance, ils auraient pu mener une carrière d’imam. L’inflexion du destin en a décidé autrement. Élevés au rang d’étoiles incontestées de la chanson kabyle, leurs répertoires portent la douleur de l’exil et la frustration d’amours souvent contrariées. Mais le rejet de l’ordre établi – politique et social – était déjà là, en filigrane.
C’est avec la nouvelle vague d’artistes des années 1970/1980 que la chanson se fait contestation politique, et la poésie une arme redoutable. Par ses émissions sur la chaîne 2 de Radio Alger, le poète Ben Mohamed sera l’un des précurseurs de la prise de conscience identitaire qui va allumer la mèche du Printemps berbère de 1980.
Par ces temps de remises en cause multiformes des acquis de la langue amazighe en général et kabyle en particulier, cet ouvrage est une lucarne ouverte sur la diversité et le pluralisme.
Farida Aït Ferroukh, De la Zaouïa à l’Olympia. Recherche sur la chanson kabyle, éd. Koukou (2024)
ACB et direct Facebook, mercredi 6 mai à 19h00