Nos Actualités

« Les rendez-vous du mercredi »

Mercredi 24 novembre à partir de 19h00

Alain Mahé exposera ses recherches sur l’espace du politique, le droit et la citoyenneté dans les villages kabyles. Il montrera le dynamisme des assemblées de village (tajmaat), à la fois espace de légitimité politique et garant de l’espace public. Ces « vieilles » assemblées de village restent non seulement debout, mais elles portent, selon l’anthropologue, l’avenir d’une culture politique démocratique.

Alain Mahé est anthropologue, spécialiste de l’histoire et de l’anthropologie de la Kabylie. Il est l’auteur notamment du classique et indispensable Histoire de la Grande Kabylie (Bouchène 2001 et 2006) et d’une édition trilingue De la Servitude volontaire de La Boétie (Améziane Kessar pour sa traduction en kabyle), couronné du prix Paul Ricoeur (éd. Bouchène)

Rencontre dédicace avec le groupe AMZIK

Le groupe Amzik présentera en avant-première son nouvel album ATAS le samedi 13 novembre à 16H dans les locaux de l’ACB. Venez profiter de cette séance dédicace pour échanger avec les trois musiciens fondateurs Nonor et Karil Belkadi et Khirreddine Kati en attendant de les retrouver sur la scène du Cabaret sauvage le 28 novembre. 

Avec ce nouvel opus, AMZIK continue de revisiter les chants traditionnels kabyles. Au fil de 11 chansons originales, les musiciens poètes expriment leur vision du monde, leurs rêves et leurs douleurs mais aussi leurs espoirs. A la poésie kabyle viennent se marier plusieurs passages en français écrits par le clarinettiste du groupe Hugo Proy.

Pour le concert du 28 novembre, au Cabaret sauvage, réservez vos places  sur https://www.cabaretsauvage.com/work/amzik


Cette rencontre sera diffusée en direct sur le facebook de l’ACB
Pour mieux connaitre Amzik et suivre toutes ses actualités 
rendez vous sur sa page officielle Facebook
et/ou sur le
site officiel de Dmusic 

Histoire et civilisation

Mercredi 10 novembre à 19h00

Conférence en ligne

(en directe sur le facebook de l’ACB)

« Lefhem yeɣleb tamusni »
« La compréhension des choses est supérieure à la tamusni » (Si Mohand)

Comment la science, l’esprit scientifique est né ? Quels en sont les ressorts et les spécificités. Quels furent les rapports de la révolution scientifique avec les forces de régulation, à commencer par la religion, dans l’Europe des XVIe et XVIIe siècles ? Comment la science s’est imposée et a imposé sa rationalité à la société ?
A partir de ces repères historiques, Omar Hamourit indiquera en quoi la science moderne se distingue des sciences de l’Antiquité grec et arabes.
Abordant des questions contemporaines, il montrera comment le Japon ou la Chine ont réussi à s’approprier cette science d’abord occidentale et pourquoi les sociétés dites musulmanes rencontrent des difficultés à créer des sociétés harmonieuses sur la base de la rationalité scientifique.
Enfin, Il questionnera les liens et les écarts possibles entre la sagesse ou philosophie pratique berbère appelée tamusni – du verbe « issin » / « savoir » – avec l’esprit scientifique moderne.

Conférencier : Omar Hamourit

Omar Hamourit a étudié la philosophie à la Sorbonne Paris 1. Il est l’auteur d’une thèse universitaire sur l’histoire et l’épistémologie des sciences ainsi que de plusieurs articles et conférences sur l’impact de la science sur la culture.
Passionné par l’Antiquité, par l’Histoire, par la culture du Moyen-Age et plus particulièrement ceux du Maghreb, il a notamment écrit plusieurs articles sur le processus d’islamisation de l’Afrique du Nord.

Participation & inscription

La conférence sera publique et en directe sur notre page facebook. Les adhérentsde l’ACB pourront participer via Zoom à la conférence et échanger avec le conférencier.
Pour vous inscrire il suffit nous adresser sur notre boite mail votre nom.
Par retour nous vous transmettrons les liens pour suivre le webinaire du 10 novembre à 19h00 sur la plateforme Zoom

Tarif annuel :

Adhésion 30 €

Parmi les conférences et interventions d’Omar Hamourit

Le 30 janvier 2021 sur Les enjeux des langues de l’immigration
Voir

Le 23 octobre 2019 sur Le christianisme dans le monde berbère antique, le rôle des berbères dans l’essor de la pensée chrétienne
Voir

Le 16 mai 2018  octobre 2019 sur Processus historique de l’arabisation et de l’islamisation du monde berbère
Voir

« Les rendez-vous du mercredi »

Mercredi 27 octobre à partir de 19h00
En direct sur Facebook

« Contre toute logique, c’est en hiver que l’olivier porte ses fruits,
quand la froidure condamne à la mort tous les autres arbres »
(Mouloud Mammeri)

Avec :

Méziane ABANE, journaliste
Sabrina ABCHICHE, élue et membre de l’AJKF (Association des Jeunes Kabyles de France)
Khaled AIT SIDHOUM, psychiatre
Liazid ATOUT, responsable associatif, coordinateur de plusieurs comités de villages
Mustapha HAMMOUCHE, journaliste
Belkacem TATEM, responsable de l’ACB-Paris et de la CABIL

Et les participations de :

BEN MOHAMED (sous réserve)
Mahieddine OUFERHAT
Aomar U LAMARA

La longue marche des manifestants du 17 octobre 1961

Il y a soixante ans, des Algériens et des Algériennes défilent dans les rues d’un Paris gris et pluvieux. Ce mardi 17 octobre 1961, endimanchés et confiants, ils marchent pour l’indépendance de l’Algérie et pour protester contre le couvre-feu qui leur est imposé par la préfecture de police dirigée par Maurice Papon. Obéissant aux consignes musclées des militants du FLN, le peuple algérien des faubourgs manifeste. La police française, surchauffée par le climat de guerre qui règne depuis des mois dans la capitale, assurée d’être « couvert » par sa hiérarchie, entend régler des comptes. Sur les ponts, aux sortir des bouches de métro, aux carrefours, les souricières sont dressées contre l’inoffensive proie. Les Algériens avancent pacifiquement, respectant scrupuleusement les ordres du FLN. Selon les sources, le nombre des victimes des « paponnades » selon le mot d’Edouard Depreux, varie de trente à cinquante (Jean Paul Brunet) à plus de trois cents morts (Jean-Luc Einaudi). Depuis les recherches des historiens, à commencer par celles de Jim House et Neil MacMaster confortent le travail exceptionnel de Jean Luc Einaudi. Mais, au soir du drame, il n’est question, officiellement, que de trois morts. Pas un de plus. Silence. Black-out total. Des décennies de mutisme et de déni officiel. L’Etat continue à nier les faits et empêche, sous couvert de raison d’Etat, de faire toute la lumière sur cette incroyable répression. La plus meurtrière depuis celle qui s’abattit sur la Commune de Paris. Le 17 octobre 1961 est une tache rouge dans l’histoire nationale, une date noire pour les consciences républicaines.
Le 17 octobre 1961 reste un objet historique et mémoriel brûlant. A droite, on se refuse à reconnaître ce crime perpétué par la police républicaine dans les rues de Paris. Du côté des secteurs les plus rigoristes du militantisme mémoriel et du nationalisme version algérienne – et désormais islamiste – on instrumentalise le drame (et les victimes) pour triturer les plaies et poursuivre, en usurpant des habits bien trop larges, un combat d’un autre temps. Entre nostalgiques de « l’Algérie de papa » et pompiers pyromanes, l’opinion publique française, elle, affairée, indifférente, ignore tout, ou presque, de la nuit du 17 octobre 1961. Alors, soixante ans après, les questions du grand Kateb Yacine restent sans réponse : « Peuple français, tu as tout vu, / Oui, tout vu de tes propres yeux,/  Et maintenant vas-tu parler? / Et maintenant vas-tu te taire?1»
En 2012, le président François Hollande reconnaissait officiellement « une répression sanglante ». En 2018, Emmanuel Macron évoquait « une répression violente ». Rien de plus sur le plan officiel pour l’heure, aucun acte fort ou déclaration autrement explicite. L’actuel président E. Macron doit s’exprimer à l’occasion de la commémoration des 60 ans du17 octobre 1961. Serait-ce la fin d’un long silence ?2
Quoi qu’il en sera, qui, aujourd’hui, repérerait cette date sur un calendrier ? Combien accepterait d’endosser le poids d’une « honte collective » pour reprendre les mots du sociologue Pierre Bourdieu ? Et ce n’est pas cette partie de la classe politique, rigide, arcqueboutée et soumise au diktat des vociférations de l’extrême droite qui aidera. Sans oublier le corporatisme de certains syndicats de police, à l’instar d’Alliance-Police nationale qui, en 2001, vitupéra contre la première commémoration officielle du 17 octobre 1961. De quoi s’agissait-il ? D’une modeste plaque commémorative apposée sur le pont Saint-Michel et dévoilée par le maire de Paris, Bertrand Delanoë ; et la modeste plaque portait cette timide inscription : « A la mémoire des Algériens victimes de la répression sanglante lors d’une manifestation pacifique ».
« Je me sens recru d’une telle horreur… Les policiers sont devenus les combattants d’une lutte sournoise et sans merci, car c’est d’une guerre raciale qu’il s’agit. Et voici la conséquence : l’Etat, lui, est devenu dépendant de sa police, de son armée… L’esprit de corps est la source de tout notre malheur comme il l’était déjà du temps de Dreyfus ». Le propos est signé… François Mauriac ; il date du 9 novembre 19613. Autre temps, pas autres mœurs ? (suite…)