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24/04/2021 – Rencontre avec Saïd Sadi

Avril 80 : pour une mise en perspective

Said Sadi fut au centre de la mobilisation du Printemps berbère. Il fait partie des 24, camarades de combat, qui seront détenus jusqu’au mois de juin. En 1980, il avait 33 ans. Médecin, spécialiste en psychiatrie, militant culturel, écrivain (Askuti, Imedyazen, 1982), essayiste, biographe (Amirouche ou Chérif Kheddam), responsable politique, Said Sadi est une figure de premier plan de l’Algérie contemporaine.  Depuis 2020, il a entrepris d’écrire ses mémoires. Après un premier tome, La Guerre comme berceau (1947-1967) paru chez Frantz Fanon en 2020, il vient de publier le Tome 2, La fierté comme viatique (1967-1987) chez le même éditeur. Au centre de cette livraison il y a l’émergence du mouvement culturel berbère, sa consolidation, le Printemps berbère d’Avril 80 et le combat pour les droits de l’Homme avec la création de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, pour laquelle avec Arezki Aboute, Arezki Aït-Larbi, Saïd Doumane, Ferhat Mehenni, Ali Fawzi Rebaïne, il fut interné dans le terrible pénitencier de Tazult-Lambèse.

L’occasion de revenir avec l’acteur et témoin sur ces événements et, avec l’analyste et l’intellectuel, de les inscrire dans l’ici et le maintenant.

Rencontre animée par M’Hidine Ouferhat & Mustapha Harzoune

LE 24 AVRIL À PARTIR DE 19H30 AVEC SAID SADI

AVRIL 80 : POUR UNE MISE EN PERSPECTIVE

Said Sadi fut au centre de la mobilisation du Printemps berbère. Il fait partie des 24, camarades de combat, qui seront détenus jusqu’au mois de juin. En 1980, il avait 33 ans. Médecin, spécialiste en psychiatrie, militant culturel, écrivain (Askuti, Imedyazen, 1982), essayiste, biographe (Amirouche ou Chérif Kheddam), responsable politique, Said Sadi est une figure de premier plan de l’Algérie contemporaine.  Depuis 2020, il a entrepris d’écrire ses mémoires. Après un premier tome, La Guerre comme berceau (1947-1967) paru chez Frantz Fanon en 2020, il vient de publier le Tome 2, La fierté comme viatique (1967-1987) chez le même éditeur. Au centre de cette livraison il y a l’émergence du mouvement culturel berbère, sa consolidation, le Printemps berbère d’Avril 80 et le combat pour les droits de l’Homme avec la création de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, pour laquelle avec Arezki Aboute, Arezki Aït-Larbi, Saïd Doumane, Ferhat Mehenni, Ali Fawzi Rebaïne, il fut interné dans le terrible pénitencier de Tazult-Lambèse.

L’occasion de revenir avec l’acteur et témoin sur ces événements et, avec l’analyste et l’intellectuel, de les inscrire dans l’ici et le maintenant.

Rencontre animée par M’Hidine Ouferhat & Mustapha Harzoune

En direct sur la page Facebook de l’ACB – Paris

Salah Belkalem, l’étourneau nocturne

Voilà une autre figure du premier âge de l’ACB qui nous a quittés. Salah Belkalem était connu du grand public comme chanteur. Il était aussi un passionné de théâtre et de comédie. Il avait rejoint l’équipe de l’ACB dans les années 90 où pendant plusieurs saisons il anima l’atelier théâtre : espace à la fois de formation et de création. Scrupuleux et rigoureux, Salah suivait chacune et chacun de ses élèves et s’employait à présenter un spectacle à la fin de chaque année. Ainsi était Salah, homme de parole et d’honneur. Discret – malgré sa haute taille – le regard doux et l’attitude posée, il travaillait et participait aux activités de l’ACB, s’engageait même dans le cercle restreint des membres actifs, sans faire de bruit, mais toujours fidèlement et efficacement.
Salah était un ami prévenant et généreux. Avec qui il était toujours bon de partager le couvert et de laisser la nuit venir. Il est parti, sans faire de bruit… Il avait 73 ans. « Mince ! Zut ! Mince ! Qu’est-ce que c’est que tout ça ?! » chantait-il ! Oui ! Qu’est-ce que c’est que tout ça…
Salut à toi l’ami.
Toute notre affection et solidarité pour Sahra et Yacine, et pour notre amie Malika.
Ci-dessous, Ameziane Kezzar rend aussi hommage à son ami Salah Belkalem.

(suite…)

Avril 1980 – Avril 2021

A l’occasion de la commémoration de Tafsut Imaziɣen (Printemps berbère) l’Association de Culture Berbère – Paris propose une semaine spéciale autour du mouvement kabyle d’avril 80, première manifestation publique d’envergure, pacifique et citoyenne, depuis l’indépendance.

Rencontres, hommage, mémoire, mais aussi Histoire, mises en perspective, actualité et convergences des luttes.

4 rencontres exceptionnelles, les 19, 20, 21 & 24 avril à 19h30
En direct sur la page Facebook de l’ACB – Paris :

19 avril 2021 à partir de 19h30 avec Tassadit Yacine et Hafid Adnani
Hommage à Mouloud Mammeri (1917-1989)

Directrice d’études à l’EHESS, Tassadit Yacine est une anthropologue de renom, spécialiste du monde berbère. Hafid Adnani est journaliste, président de l’association Tamusni. Ils viennent de rééditer, accompagné d’une préface inédite, La Face cachée de Mouloud Mammeri (Koukou éditions, Algérie).
L’ouvrage dévoile un côté méconnu de Mouloud Mammeri concernant son engagement pour la cause algérienne, ses positions politiques et son combat pour une Algérie libre, notamment à travers ses pamphlets contre la colonisation française. Pour Tassadite Yacine, le livre « est né à partir de discussions avec Hafid Adnani qui travaille sur les élites algériennes en période coloniale, dans le sillage de mon livre Chacal ou la ruse des dominés (éditions Casbah) et qui constatait – en le regrettant – que des publications importantes existaient et qu’elles n’étaient pas connues du grand public et surtout des Algériens à qui ce travail est destiné en premier lieu ».
En mars 1980, c’est l’interdiction de la conférence que devait donnée Mouloud Mammeri à l’université de Tizi Ouzou sur les Poèmes kabyles anciens, qui sera à l’origine des mobilisations du Printemps berbère.

Rencontre animée par Mustapha Harzoune


Le 20 avril à partir de 19h30 avec Ali Guenoun
La question kabyle dans le nationalisme algérien – La place et le rôle de l’historien

Ali Guenoun est historien. Il vient de publier La question kabyle dans le nationalisme algérien 1949 -1962, Préface de Omar Carlier ; Postface de Mohamed Harbi. Ed. Le Croquant 2020, collection Sociétés et politique en Méditerranée dirigée par Aïssa Kadri, Hocine Zeghbib et Delphine Perrin.
Ali Guenoun est un jeune historien rigoureux et précis. Son travail mené sur plusieurs années aide à réfléchir, sereinement, à la genèse du fait national algérien et à poser, avec la même rigueur et la même sérénité, les éléments du débat qui traverse aujourd’hui la société algérienne, et au-delà. Ce livre traduit une méthode mais aussi une attitude marquée par le souci d’honnêteté (précisions des sources, évaluation et discussion des points de vue et des opinions, formulation explicite des hypothèses etc.) ET courageux : l’Histoire est cruelle et il n’est pas certain qu’on accepte de la regarder en face, sans idéalisation ni romantisme.

Rencontre animée par Mustapha Harzoune


Le 21 avril à partir de 19h30 avec Feriel Lalami
Revendications culturelles et droits des femmes, quelles convergences ?

Feriel Lalami est docteure en sociologie et politologue algérienne, auteure de l’ouvrage Les Algériennes contre le Code de la famille : la lutte pour l’égalité, Presses de Sciences Po, 2012.
« Les défenseurs du tamazight sont les fondateurs de l’Algérie nouvelle. Ils ne sont pas les seuls. Il faut aussi compter avec les femmes. Ce n’est pas par hasard que les manifestations de Tizi-Ouzou en 1980 se soient produite la même année que celles des femmes au centre d’Alger. Et la preuve vivante que c’est le même mouvement, on la trouve dans l’histoire de la Kahina, notre héroïne nationale, telle que je l’évoque dans la guerre de Deux Milles ans : « Ils s’étonnent de nous voir dirigés par une femme. / C’est qu’ils sont des marchands d’esclaves / Ils voilent leurs femmes pour mieux les vendre. Pour eux la plus belle fille n’est qu’une marchandise. (…) Une femme libre les scandalise, pour eux je suis le diable. / Ils nous appellent Berbères (…) ». Bien sûr il s’agit du grand Kateb Yacine (préface à Tassadit Yacine, Aït Menguellet chante…, La Découverte, 1989) et c’est toujours Kateb qui, sans doute le premier, pose cette question de la convergence des luttes culturelles et des luttes pour l’égalité femme-homme dans le combat pour la démocratie. Qu’en est-il de cette convergence et des conditions de sa réalisation ?

Rencontre animée par Soad Baba-Aïssa


Le 24 avril à partir de 19h30 avec Said Sadi
Avril 80 : pour une mise en perspective

Said Sadi fut au centre de la mobilisation du Printemps berbère. Il fait partie des 24, camarades de combat, qui seront détenus jusqu’au mois de juin. En 1980, il avait 33 ans. Médecin, spécialiste en psychiatrie, militant culturel, écrivain (Askuti, Imedyazen, 1982), essayiste, biographe (Amirouche ou Chérif Kheddam), responsable politique, Said Sadi est une figure de premier plan de l’Algérie contemporaine.  Depuis 2020, il a entrepris d’écrire ses mémoires. Après un premier tome, La Guerre comme berceau (1947-1967) paru chez Frantz Fanon en 2020, il vient de publier le Tome 2, La fierté comme viatique (1967-1987) chez le même éditeur. Au centre de cette livraison il y a l’émergence du mouvement culturel berbère, sa consolidation, le Printemps berbère d’Avril 80 et le combat pour les droits de l’Homme avec la création de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, pour laquelle avec Arezki Aboute, Arezki Aït-Larbi, Saïd Doumane, Ferhat Mehenni, Ali Fawzi Rebaïne, il fut interné dans le terrible pénitencier de Tazult-Lambèse.

L’occasion de revenir avec l’acteur et témoin sur ces événements et, avec l’analyste et l’intellectuel, de les inscrire dans l’ici et le maintenant.

Rencontre animée par M’Hidine Ouferhat & Mustapha Harzoune

Notre ami Daniel Duchemin nous a quitté

Nous sommes tristes. Une fois encore. Une fois de trop. Notre ami Daniel Duchemin nous laisse tomber. A son tour. Daniel Duchemin appartient à l’histoire de l’Association de Culture Berbère depuis son premier âge. Il en a été un membre actif puis, durant de longues années, le trésorier. Un simple et fidèle militant, invisible comme toutes celles et tous ceux qui ont porté, organisé, accueilli, « sécurisé », conseillé…, celles et ceux qui ont donné de leur temps et de leur énergie de manière désintéressée et anonyme. Une génération s’en va. Sur la pointe des pieds. Il faudra demain être à la hauteur de ces femmes et de ces hommes, berbérophones et arabophones, Français et Algériens, jeunes et vieux… qui ont incarné notre projet, sur plus de 40 ans. Sans bruit et sans gloriole. Avec abnégation. Portés par la seule conviction d’aider à construire une société plus juste et plus humaine. Et, peut-être, par l’amitié. Surtout par l’amitié.

« Duduche » était un ami et un frère. Un Parisien « sans racines » – ce qui avait laissé incrédules un essaim de gamins qui revendiquaient haut et fort leurs origines africaines, kabyles ou autres. Lui, embrassait l’humanité tout entière. Sans romantisme ni salamalecs. Simplement. En homme libre, gouailleur et rieur, épicurien et ripailleur, affectueux et rabelaisien. Sans dieu ni maître. Parisien du cru et Amazigh de cœur.

Daniel Duchemin était à l’image de l’ACB, comme l’ACB était à l’image de Daniel : ouvert, laïc, fraternel, militant et pas moins festif pour autant. Féministe aussi, Daniel soutenait, avec force, au sein de l’ACB, les initiatives du « groupe Femmes » animé entre autres par Nathalie, sa femme, et la regrettée Nasséra Si Mohamed. Daniel Duchemin a été de tous nos combats, de toutes nos initiatives. Il était proche des personnalités qui nous ont accompagnés à commencer par Kateb Yacine, qui l’avait surnommé le « barbare gaulois ». « Barbare » comme berbère bien sûr, mais aussi comme figure du rebelle aux « impostures » civilisationnelles.

Nous perdons un ami et notre cause se réveille orpheline. Autour de l’ACB, l’espace de l’invisible devient plus peuplé que le monde visible…

Daniel Duchemin avait 71 ans. Toute sa vie professionnelle, toute sa vie a été consacrée aux autres, à la solidarité, à la construction d’une société plus attentive aux humbles, aux exclus, à l’Autre. Cette grande figure de Ménilmontant a commencé par tâter de l’alphabétisation dans les bidonvilles et les cités de transit, a travaillé dans les foyers Sonacotra avant de devenir directeur du Relais de Ménilmontant. Il a été administrateur ou simple militant de nombreuses associations de notre quartier, à commencer par l’ACB. Il a exercé des fonctions au sein du Fonds d’action sociale (FAS) ou comme élu à la Mairie du XXe. À la retraite, il a poursuivi sur la même pente, continuant à assumer des responsabilités au sein de diverses structures, notamment pour l’association Génériques dont il fut le secrétaire général.

Dans l’équipe de l’ACB, Daniel Duchemin était toujours du dernier carré à quitter nos (trop) longues soirées, mélange de joyeuses amitiés et de projets grandioses élaborés dans les brumes matinales. Ce gaillard, à la carrure d’une première ligne de rugby (ce sport qu’il avait pratiqué et aimé), à la voix de basse dont il abusait pour pousser la chansonnette – entre Aristide Bruant et Idir -, ce lutteur au physique d’Hercule paraissait indestructible. « Ceux qui s’amusent ont beau n’avoir jamais sommeil, ils n’en meurent pas moins, tout comme les autres » écrit René Crevel. Daniel Duchemin vient de partir. Trop tôt cette fois. Bien trop tôt.

Nathalie, nous sommes avec toi.

L’équipe et les ami.e.s de l’ACB

30/01/2021 – Langues de l’immigration : les vrais enjeux

Les Berbères de France sont-ils les oubliés des politiques linguistiques et culturelles ? Qu’en est-il des langues parlées et/ou portées par les populations issues des migrations nord africaines ?  Plutôt que de valoriser une seule langue – quelle qu’elle soit – ne serait-il pas plus juste et plus constructif de respecter la diversité linguistique et culturelle en France ? La lutte contre le séparatisme ne passe-t-elle pas d’abord par le respect des réalités et de la diversité culturelles ? Enseigner l’arabe, oui mais quel arabe et pourquoi ? Faut-il enseigner à l’école les langues de l’immigration ? Quelle place tiennent les langues dans la construction identitaire et la reconnaissance de chacun.e. ? etc.

Ces questions, et d’autres, constituent la trame de l’entretien donné samedi 30 janvier par Omar Hamourit à l’occasion de la parution de la tribune « La langue maternelle des immigrés n’est pas l’arabe » cosignée avec Tassadit Yacine et Pierre Vermeren.