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Groupe de paroles, nos mères en partage

Premier rendez-vous, dans le cadre des ateliers de l’Espace de vie sociale, proposé par l’équipe de l’ACB autour d’un café en compagnie de femmes âgées du quartier Belleville-Ménilmontant : discussions, échanges, découvertes, moment de connexion et de déconnexion ! Convivialité garantie. Cette génération de femmes est, comme l’écrit Hamid Salmi, la dernière « sans doute à porter, à incarner, à vivre une culture orale. Chants sacrés et profanes. Sacrés parce que cette génération porte et transporte des langues, expressions, images, sagesses, autant de fenêtres sur le monde – sur un monde devenu trop souvent sans repères – qu’elles ne demandent qu’à partager. Profanes, parce que ces femmes, vivent trop souvent le dernier âge de la vie, dans l’isolement et la solitude, l’incompréhension et l’indifférence ».

L’entrée est gratuite. N’hésitez pas à nous rejoindre, seule ou accompagnée, vous serez les bienvenues.

« LES RENDEZ-VOUS DU MERCREDI »

Jacques Toubon à l’ACB et en direct FB

Mercredi 5 octobre 2022 à 19h00

Jacques Toubon, Je dois vous dire, Nos droits sont en danger (Stock, 2022)
Jacques Toubon est un haut fonctionnaire et responsable politique au parcours exceptionnel. Fidèle soutien de Jacques Chirac, Jacques Toubon rappelle ici ses engagements en faveur de «la diversité culturelle de notre monde» et son projet de «passer des souverainetés solitaires des États à une souveraineté solidaire mondiale».
Ministre de la Justice (1995-1997), Jacques Toubon réaffirme ici l’importance du droit comme seule réponse aux dérives autoritaires, des démocraties – y compris la nôtre – mais aussi aux fermetures et nouveaux privilèges revendiqués par des groupes minoritaires.
Ministre de la Culture et de la Francophonie (1993-1995), il reste attaché à la promotion et au partage de la langue française et voit dans la culture, les artistes et leurs œuvres, le ciment de nos sociétés. Comme « la nation n’est pas une maison sans porte ni fenêtre », il fait l’éloge de la rencontre, du métissage, de l’interdépendance a contrario des partisans de l’identité nationale et autres passionarias de la dénonciation systématique du colonialisme et du privilège blanc. Enseignement de taille, qui pourrait se vérifier ici et ailleurs, il souligne que « le combat pour la démocratie n’est pas un combat pour l’identité ».
En charge de la Mission de préfiguration de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, puis Président du conseil d’orientation de la Cité devenue Musée (2007-2014), Jacques Toubon reste convaincu que «l’idéologie n’a rien à faire dans la question de l’immigration».
Enfin, comme Défenseur des droits (2014-2020), il admet que «le repli sur soi d’un grand nombre de ceux et celles qui vivent et subissent ces discriminations est légitime. Mais il n’est nul besoin d’y mettre de l’idéologie. La complexité des situations humaines et sociales se suffit à elle-même et nécessite des solutions juridiques et sociales de plus en plus exigeantes.»
«La République doit réapprendre à se faire aimer autant que craindre» écrit-il, rappelant qu’ «une culture commune doit permettre de garantir les minorités contre les discriminations, tout en protégeant les individus contre les pressions de leur propre communauté. »
Ce livre rassemble l’itinéraire et les convictions d’une vie. Sa cohérence aussi. Cette cohérence conduit l’homme et le responsable, au nom de l’universalité, de l’égalité et du respect des droits à se trouver du côté des plus fragiles : immigrés, étrangers mais aussi femmes, enfants, handicapés sans oublier les laissés-pour-compte d’une société économique inégalitaire.
Mélange d’homme d’action (de terrain), de politique (chevronné), d’intellectuel (au large horizon), il est peut-être et d’abord un homme qui, parce qu’il aime ses semblables, se met à leur service. Ce livre en porte, avec pudeur, la marque : il y a les analyses, il y a les enseignements tirés de ses diverses fonctions, il y a la raison, mais il y a peut-être et surtout ce «goût des autres», cette sensibilité à l’humain, cet «inattendu humain […] qui refuse de déserter le monde» (P.Chamoiseau). Ce n’est pas pour rien que dans ce livre, Jacque Toubon en appelle au réveil du troisième élément du triptyque républicain: la fraternité.