Samedi 30 avril 2022 à 15h00

Nombre de commentateurs, de spécialistes et autres admirateurs du chanteur et poète Aït Menguellet verraient bien l’honorable Académie suédoise décerner le prix Nobel au barde kabyle. Cela ne serait pas incongru. Outre le fait qu’un autre poète-chanteur ou chanteur-poète s’est vu gratifié du prix en 2016, en l’occurrence Bob Dylan, l’œuvre d’Aït Menguellet mériterait aussi d’être couronnée et reconnue bien au-delà du cercle de ses admirateurs. Pour sa langue d’abord, enracinée et poétique, ce « don d’asefru » où le dire rime avec éclairer. Pour ses thèmes, nombreux et modernes. Pour sa philosophie, morale ou politique, elle aussi ancrée dans la tamusni ou sagesse kabyle. Pour une carrière à la longévité exceptionnelle. Pour un parcours, droit et exigeant. C’est ce que l’écrivain Amin Zaoui laissait entendre le 5 janvier 2019 quand il imaginait et justifiait l’attribution du Nobel à la littérature amazighe (Liberté). Kacem Madani partage sans doute ce souhait lui qui écrivait en 2012 : « bien souvent, quand j’écoute Aït-Menguellet, je pense à mes compatriotes arabophones, ceux qui n’ont pas la chance de le comprendre, car, encore une fois, on a beau aimer Brel, Brassens, El-Hadj-el-Anka, Abdelhalim Hafez ou Bob Dylan, il manquera toujours un chapitre de philosophie poétique à son encyclopédie universelle si on ne comprend pas Monsieur Aït-Menguellet. »

C’est ce qu’il propose dans son dernier livre, où, entre textes et traductions, il ne vise rien moins que d’enrichir l’« encyclopédie universelle » de tous et de chacun par l’œuvre et la figure du poète-amusnaw Aït Menguellet.

Ponctuations musicales avec Saïd Achab et ses élèves de l’atelier guitare de l’ACB