Mercredi 27 avril de 18h à 20h 30

Depuis plus de 40 ans, malgré les arrestations, les intimidations, les violences et le nombre de victimes – 132 morts en 2001 –, la Kabylie est le théâtre d’initiatives et de manifestations publiques, citoyennes, non violentes, inventant des formes de mobilisation collective et de désobéissance civile inédites dans l’histoire des luttes politiques et des consciences citoyennes.  

Qu’est-ce que demandent depuis des décennies ces hommes et ces femmes : la reconnaissance du fondement berbère et de la pluralité culturelle de leur pays, l’instauration d’un État de droit reconnaissant notamment l’égalité entre femmes et hommes, la libre conscience et la justice sociale.

Aujourd’hui encore, il s’agit de convaincre, pacifiquement, de marquer l’Histoire, dans ses fondements comme dans sa durée, de s’ouvrir au monde plutôt que de s’en exclure, d’élargir les horizons de l’intelligence et la palette des émotions par la culture et des initiatives collectives réinventées, par la revendication d’une conscience éclairée et d’une citoyenneté critique, ce que le poète Ben Mohamed nomme la « conscientisation ».

« La victoire est possible autrement » rappelait l’écrivain Ameziane Kezzar dans un entretien consacré à l’auteur et poète kabyle Muhend U Yahya (décembre 2005). De cet « autrement » il sera question à travers la figure – renouvelée ou à renouveler – de Jugurtha ; à travers les enjeux des mobilisations récentes. A travers la résistance et la résilience du Verbe, celui des poètes (Aït Menguellet, Ben Mohamed, Muhend U Yahya, Idir ou Kateb Yacine), celui des romanciers et semeurs de tamazight (Aomar U Lamara), celui de journalistes et d’universitaires engagés (Méziane Abane, Farida Aït Ferroukh) ou encore celui d’un Jugurtha, « Eternel » et nouveau !