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Abdulrazak Gurnah quelques (bonnes) leçons du Nobel de littérature 2021

L’Académie suédoise a décerné jeudi 7 octobre Le prix Nobel de littérature 2021 au romancier tanzanien Abdulrazak Gurnah. Selon le jury, l’auteur a été récompensé pour sa narration « empathique et sans compromis des effets du colonialisme et du destin des réfugiés pris entre les cultures et les continents ». Son œuvre s’éloigne des « descriptions stéréotypiques et ouvre notre regard à une Afrique de l’Est diverse culturellement qui est mal connue dans de nombreuses parties du monde », a expliqué le jury. « Abdulrazak Gurnah a appelé l’Europe à voir l’arrivée des réfugiés venus d’Afrique comme une richesse. « Beaucoup de ces gens qui viennent, viennent par nécessité, et aussi franchement parce qu’ils ont quelque chose à donner. Ils ne viennent pas les mains vides », a affirmé l’écrivain dans une interview à la Fondation Nobel, appelant à changer de regard sur « des gens talentueux et pleins d’énergie » (Le Monde 7 octobre)
C’est dire l’actualité du propos en ces périodes électorales pathétiques, c’est dire aussi la pertinence du propos du point de vue des « Suds » c’est-à-dire des aspirations des peuples qui, débarrassés de la main mise coloniale, aspirent toujours à la justice et la démocratie. Un prix Nobel qu’il convient de saluer pour ce qu’il dit du monde moderne, de ses « ignorances » et du trop-plein de « méfiances ».
Professeur de littérature à l’université de Kent jusqu’à son départ à la retraite, installé du côté de Brighton, Abdulrazak Gurnah est l’auteur de plusieurs romans dont Paradis (traduit par Anne-Cécile Padoux au Serpent à plumes en 1999) et Desertion (traduit en français sous le titre Adieu Zanzibar par Sylvette Gleize, Galaade, 2009). (suite…)

« Les rendez-vous du mercredi »

 

17 octobre 1961

De la connaissance à la reconnaissance

Contrairement aux discours identitaires qui prônent l’inéluctabilité des guerres de mémoires, ils furent nombreux, de toutes origines, à tenter de faire résonner ensemble les mémoires des opprimés : mémoire du 17 octobre et mémoire ouvrière,
mémoire de la Shoah et mémoire coloniale  (Brigitte Stora)

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Idir, l’étoile de chance

 

Un livret de 40 pages, avec notamment la biographie d’Idir, l’écho de la chorale animée par Idir en 1985 à l’ACB avec la chorale issue du cours de tamazight de Nacima Abbane avec la complicité artistique de Khirreddine Kati ; 11 témoignages pour montrer combien Idir était devenu un membre de la famille, une conférence d’Arezki Khouas sur la place de l’identité et de la question féminine dans l’œuvre et les engagements d’Idir ou encore pourquoi faut-il une rue Idir à Paris !

24/04/2021 – Rencontre avec Saïd Sadi

Avril 80 : pour une mise en perspective

Said Sadi fut au centre de la mobilisation du Printemps berbère. Il fait partie des 24, camarades de combat, qui seront détenus jusqu’au mois de juin. En 1980, il avait 33 ans. Médecin, spécialiste en psychiatrie, militant culturel, écrivain (Askuti, Imedyazen, 1982), essayiste, biographe (Amirouche ou Chérif Kheddam), responsable politique, Said Sadi est une figure de premier plan de l’Algérie contemporaine.  Depuis 2020, il a entrepris d’écrire ses mémoires. Après un premier tome, La Guerre comme berceau (1947-1967) paru chez Frantz Fanon en 2020, il vient de publier le Tome 2, La fierté comme viatique (1967-1987) chez le même éditeur. Au centre de cette livraison il y a l’émergence du mouvement culturel berbère, sa consolidation, le Printemps berbère d’Avril 80 et le combat pour les droits de l’Homme avec la création de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, pour laquelle avec Arezki Aboute, Arezki Aït-Larbi, Saïd Doumane, Ferhat Mehenni, Ali Fawzi Rebaïne, il fut interné dans le terrible pénitencier de Tazult-Lambèse.

L’occasion de revenir avec l’acteur et témoin sur ces événements et, avec l’analyste et l’intellectuel, de les inscrire dans l’ici et le maintenant.

Rencontre animée par M’Hidine Ouferhat & Mustapha Harzoune