Nos Actualités

La lettre du président 2022/2023

1er septembre 2022

Cher.e.s ami.e.s et cher.e.s adhérent.e.s,

La saison 2022/2023 s’ouvre dans un étrange climat, fait d’espoir et de craintes, de projets et d’incertitudes. Une rentrée marquée par le risque sanitaire et les menaces sur le système de santé, les effets des crises environnementales, la paupérisation qui condamne les plus fragiles à la « sobriété », heureuse ou pas, les retombées de l’invasion russe en Ukraine et, toujours, les dangers de l’intolérance et de la barbarie.

Le 12 août, l’agression dont a été victime l’écrivain Salman Rushdie, a montré que le devenir des sociétés ne peut s’abstraire des luttes démocratiques des aînés. L’actualité a télescopé l’Histoire.  En août 1956, la plate-forme du Congrès de la Soummam esquissait les contours d’une république algérienne démocratique et sociale, égalitaire et sans discrimination culturelle ou religieuse. Une république fermée à tout projet théocratique comme l’a rappelé l’historien Ali Guenoun. Et justement, cette attaque au couteau, dictée par une fatwa de 1989,  traduit « la peur du mélange, de la multiplicité, de l’hétérogénéité, de l’hybridité » écrit Siri Hustvedt (Libération, le 16 août).

Dans cette brume, il faut tenir le cap ! Celui fixé depuis notre création et qu’il est impératif de maintenir – « le navire qui n’obéit point au gouvernail obéira sûrement à l’écueil » enseigne la sagesse bretonne. Le cap donc ! Celui de la culture berbère qui se double de l’impératif de reconnaissance – et de connaissance ! – de la biodiversité des langues et des cultures des migrations ; celui, indissociable, de la liberté de pensée et de la laïcité ; celui de l’égalité femme-homme ; celui de la solidarité ; celui de l’environnement et du bien-être.

Notre équipe, qu’il faut encore élargir et dont il faudra, cette année, renouveler les instances dirigeantes, est mobilisée.  Elle s’enrichit avec l’arrivée de Nadia Ammour (chorale), Lisa Laonet (droit et environnement), Kahina Afzim (bendir et danses), Karim Kherbouche (tamazight) et de nouveaux partenaires et partenariats.

Les idées et les projets ne manquent pas. Nous nous y attelons. Dans un esprit de responsabilité et avec nos modestes moyens. Sans confondre l’intérêt général et les ambitions personnelles. Assumant notre part, dans la lutte contre l’isolement, l’atomisation, le déracinement, la déculturation et « l’égoïsme extrême » (Hannah Arendt), terreau de tous les fanatismes, de toutes les fermetures.

Notre projet est cohérent, de bout en bout. Cette cohérence est notre cap, un cap que nous pourrons maintenir que si nous nous retrouvons nombreux au gouvernail et à soutenir nos actions. Quelles que soient les disponibilités et les compétences de chacun.e.

Alors bienvenue pour cette saison 2022/2023 !

Associativement vôtre.
Belkacem Tatem
Président de l’ACB-Paris

Cliquez pour télécharger La-lettre-du-président 2022-2023

Molière – Mohia : Un entretien avec Ameziane Kezzar

0

« Le pouvoir sait ce dont l’art est capable »

Cette année marque le 400è anniversaire de la naissance de Molière et le 42è anniversaire du Printemps berbère. Voilà une double et opportune occasion de revisiter une autre œuvre et une autre vie,  celle d’Abdellah Mohia, alias Muhend U Yehya qui a adapté, en kabyle, deux pièces de Molière (Si Lehlu pour Le Médecin malgré lui et Si Pertuf pour Tartuffe).

Ecrivain, traducteur, parolier, Ameziane Kezzar a travaillé avec Muhend U Yehya. Il revient ici sur ce parcours exceptionnel dans un entretien qui montre l’actualité d’un travail et surtout les horizons sur lesquels il ouvre. « La victoire est possible autrement » de cela le pouvoir, tous les pouvoirs, en ont conscience. (suite…)

Mercredi 4 mai 2022 à 19h00

 « Idir, un kabyle du monde » est le premier et le seul titre pour ce livre qui m’est venu à l’esprit. Il n’y en a pas eu d’autres. Je l’ai noté d’un seul trait un soir de juillet sur une feuille. Ce titre résume la vie, la musique et les engagements d’Idir. Un artiste qui a porté et emporté la Kabylie à travers le monde » rapporte Farid Alilat l’auteur de cette biographie, nourrie d’une quarantaine de témoignages de proches (famille, intimes, musiciens, chanteurs, producteurs, directeurs artistiques, amis d’enfance, de collège, de fac ou de caserne, tourneurs et paroliers).

« Auteur, compositeur et interprète, Idir, de son vrai nom El Hamid Cheriet, est plus qu’un chanteur. Il est le porte-voix de la langue kabyle, le porte-drapeau d’une culture qu’il a fait découvrir dans le monde entier.
La jeunesse d’Idir, au village d’Aït Lahcène et dans les montagnes du Djurdjura qui l’entourent, est marquée par les traditions berbères, les chants et les récits de sa mère et de sa grand-mère. Une enfance qui porte aussi l’empreinte de la guerre d’Algérie. Passionné de musique mais destiné au métier de géologue, sa carrière démarre presque hasard un soir de 1973 à la radio. Deux ans plus tard, sa chanson phare, « A Vava Inouva », devient un tube international.
Installé en France en 1975, il s’est battu pour les sans-papiers, a chanté pour l’Arménie, collecté des fonds pour SOS Racisme, inauguré l’une des premières écoles Diwan en Bretagne… Idir a fait chanter la Kabylie par d’autres célébrités issues d’horizons divers. Il a jeté des ponts avec l’Afrique en partageant la scène avec l’ougandais Oreyma ou la malienne Ramata Diaketé. Oui, Idir est un kabyle du monde.
 »

 

Ponctuations musicales avec Saïd Achab et ses élèves de l’atelier guitare de l’ACB