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« LES RENDEZ-VOUS DU MERCREDI »

Jacques Toubon à l’ACB et en direct FB

Mercredi 5 octobre 2022 à 19h00

Jacques Toubon, Je dois vous dire, Nos droits sont en danger (Stock, 2022)
Jacques Toubon est un haut fonctionnaire et responsable politique au parcours exceptionnel. Fidèle soutien de Jacques Chirac, Jacques Toubon rappelle ici ses engagements en faveur de «la diversité culturelle de notre monde» et son projet de «passer des souverainetés solitaires des États à une souveraineté solidaire mondiale».
Ministre de la Justice (1995-1997), Jacques Toubon réaffirme ici l’importance du droit comme seule réponse aux dérives autoritaires, des démocraties – y compris la nôtre – mais aussi aux fermetures et nouveaux privilèges revendiqués par des groupes minoritaires.
Ministre de la Culture et de la Francophonie (1993-1995), il reste attaché à la promotion et au partage de la langue française et voit dans la culture, les artistes et leurs œuvres, le ciment de nos sociétés. Comme « la nation n’est pas une maison sans porte ni fenêtre », il fait l’éloge de la rencontre, du métissage, de l’interdépendance a contrario des partisans de l’identité nationale et autres passionarias de la dénonciation systématique du colonialisme et du privilège blanc. Enseignement de taille, qui pourrait se vérifier ici et ailleurs, il souligne que « le combat pour la démocratie n’est pas un combat pour l’identité ».
En charge de la Mission de préfiguration de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, puis Président du conseil d’orientation de la Cité devenue Musée (2007-2014), Jacques Toubon reste convaincu que «l’idéologie n’a rien à faire dans la question de l’immigration».
Enfin, comme Défenseur des droits (2014-2020), il admet que «le repli sur soi d’un grand nombre de ceux et celles qui vivent et subissent ces discriminations est légitime. Mais il n’est nul besoin d’y mettre de l’idéologie. La complexité des situations humaines et sociales se suffit à elle-même et nécessite des solutions juridiques et sociales de plus en plus exigeantes.»
«La République doit réapprendre à se faire aimer autant que craindre» écrit-il, rappelant qu’ «une culture commune doit permettre de garantir les minorités contre les discriminations, tout en protégeant les individus contre les pressions de leur propre communauté. »
Ce livre rassemble l’itinéraire et les convictions d’une vie. Sa cohérence aussi. Cette cohérence conduit l’homme et le responsable, au nom de l’universalité, de l’égalité et du respect des droits à se trouver du côté des plus fragiles : immigrés, étrangers mais aussi femmes, enfants, handicapés sans oublier les laissés-pour-compte d’une société économique inégalitaire.
Mélange d’homme d’action (de terrain), de politique (chevronné), d’intellectuel (au large horizon), il est peut-être et d’abord un homme qui, parce qu’il aime ses semblables, se met à leur service. Ce livre en porte, avec pudeur, la marque : il y a les analyses, il y a les enseignements tirés de ses diverses fonctions, il y a la raison, mais il y a peut-être et surtout ce «goût des autres», cette sensibilité à l’humain, cet «inattendu humain […] qui refuse de déserter le monde» (P.Chamoiseau). Ce n’est pas pour rien que dans ce livre, Jacque Toubon en appelle au réveil du troisième élément du triptyque républicain: la fraternité.

La lettre du président 2022/2023

1er septembre 2022

Cher.e.s ami.e.s et cher.e.s adhérent.e.s,

La saison 2022/2023 s’ouvre dans un étrange climat, fait d’espoir et de craintes, de projets et d’incertitudes. Une rentrée marquée par le risque sanitaire et les menaces sur le système de santé, les effets des crises environnementales, la paupérisation qui condamne les plus fragiles à la « sobriété », heureuse ou pas, les retombées de l’invasion russe en Ukraine et, toujours, les dangers de l’intolérance et de la barbarie.

Le 12 août, l’agression dont a été victime l’écrivain Salman Rushdie, a montré que le devenir des sociétés ne peut s’abstraire des luttes démocratiques des aînés. L’actualité a télescopé l’Histoire.  En août 1956, la plate-forme du Congrès de la Soummam esquissait les contours d’une république algérienne démocratique et sociale, égalitaire et sans discrimination culturelle ou religieuse. Une république fermée à tout projet théocratique comme l’a rappelé l’historien Ali Guenoun. Et justement, cette attaque au couteau, dictée par une fatwa de 1989,  traduit « la peur du mélange, de la multiplicité, de l’hétérogénéité, de l’hybridité » écrit Siri Hustvedt (Libération, le 16 août).

Dans cette brume, il faut tenir le cap ! Celui fixé depuis notre création et qu’il est impératif de maintenir – « le navire qui n’obéit point au gouvernail obéira sûrement à l’écueil » enseigne la sagesse bretonne. Le cap donc ! Celui de la culture berbère qui se double de l’impératif de reconnaissance – et de connaissance ! – de la biodiversité des langues et des cultures des migrations ; celui, indissociable, de la liberté de pensée et de la laïcité ; celui de l’égalité femme-homme ; celui de la solidarité ; celui de l’environnement et du bien-être.

Notre équipe, qu’il faut encore élargir et dont il faudra, cette année, renouveler les instances dirigeantes, est mobilisée.  Elle s’enrichit avec l’arrivée de Nadia Ammour (chorale), Lisa Laonet (droit et environnement), Kahina Afzim (bendir et danses), Karim Kherbouche (tamazight) et de nouveaux partenaires et partenariats.

Les idées et les projets ne manquent pas. Nous nous y attelons. Dans un esprit de responsabilité et avec nos modestes moyens. Sans confondre l’intérêt général et les ambitions personnelles. Assumant notre part, dans la lutte contre l’isolement, l’atomisation, le déracinement, la déculturation et « l’égoïsme extrême » (Hannah Arendt), terreau de tous les fanatismes, de toutes les fermetures.

Notre projet est cohérent, de bout en bout. Cette cohérence est notre cap, un cap que nous pourrons maintenir que si nous nous retrouvons nombreux au gouvernail et à soutenir nos actions. Quelles que soient les disponibilités et les compétences de chacun.e.

Alors bienvenue pour cette saison 2022/2023 !

Associativement vôtre.
Belkacem Tatem
Président de l’ACB-Paris

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